Chaque année, des centaines de dossiers ERP passent devant la commission de sécurité avec des non-conformités évitables. Après analyse des rapports de visite et des demandes soumises sur ConformIA, voici les 10 erreurs techniques les plus fréquentes — avec les articles de référence précis.

Sommaire

  1. Désenfumage absent ou insuffisant
  2. SSI (Système de Sécurité Incendie) sous-dimensionné
  3. Issues de secours non conformes
  4. Largeur des dégagements insuffisante
  5. Portes résistance au feu manquantes
  6. Éclairage de sécurité défaillant
  7. Résistance au feu des structures insuffisante
  8. Matériaux de revêtement non classés
  9. Absence d'espaces d'attente sécurisés (EAS)
  10. Cloisonnement coupe-feu non respecté

1. Désenfumage absent ou insuffisant

📋 Art. DF 1 à DF 10 — Arrêté du 25 juin 1980

Le désenfumage est la non-conformité la plus systématiquement relevée. L'obligation s'applique dès que le niveau est en sous-sol, sans ouverture directe sur l'extérieur, ou lorsque les circulations horizontales encloisonnées dépassent 30 mètres.

Pour les grands volumes de plus de 300 m² en catégories 1 à 3, le désenfumage naturel ou mécanique est impératif. La surface libre des exutoires doit être au minimum égale à 1/100 de la surface au sol. Les commandes manuelles doivent être accessibles depuis la sortie principale.

Erreur courante : Oublier de désenfumer les circulations des sous-sols dans les ERP de type N (restaurants) ou M (magasins) disposant d'une cave ou d'un niveau de stockage.

2. SSI (Système de Sécurité Incendie) sous-dimensionné

📋 Art. MS 55 — Arrêté du 25 juin 1980

La catégorie du SSI doit correspondre à la catégorie de l'ERP — et cette règle est fréquemment mal appliquée, notamment lors de changements d'activité ou d'extensions.

La mise à niveau d'un SSI représente souvent le poste de travaux le plus coûteux d'une mise en conformité. Anticiper lors de la conception est bien plus économique que de corriger après coup.

Point d'attention : Un ERP de type J (crèche, EHPAD) doit systématiquement disposer d'un SSI de catégorie A, même s'il est classé en catégorie 4 ou 5.

3. Issues de secours non conformes

📋 Art. PE 4 — Arrêté du 25 juin 1980

Chaque salle accueillant plus de 50 personnes doit disposer d'au moins une issue de secours supplémentaire à la sortie principale. Ces issues doivent être :

La commission relève régulièrement des issues bloquées par du mobilier, des stockages temporaires ou des serrures défectueuses. Même conforme sur plans, un ERP peut se voir infliger un avis défavorable si les issues ne sont pas praticables lors de la visite.

Bon réflexe : Vérifier l'ouverture de chaque issue de secours avant toute visite de commission. Un verrouillage accidentel suffit à déclencher une observation.

4. Largeur des dégagements insuffisante

📋 Art. CO 3 — Arrêté du 25 juin 1980

L'unité de passage (UP) est de 0,90 m minimum. Les règles de dimensionnement sont strictes :

Les projets de réhabilitation d'immeubles anciens sont particulièrement exposés. Les couloirs de 80 cm typiques des constructions haussmanniennes ne satisfont pas l'exigence minimale. Un passage non conforme en largeur impose une modification structurelle lourde.

5. Portes résistance au feu manquantes

📋 Art. CO 34 — Arrêté du 25 juin 1980

Les portes des escaliers protégés doivent présenter une résistance EI 30 (30 minutes). Pour les compartiments en catégorie 1-2, la résistance requise est EI 60. En pratique, les erreurs les plus fréquentes sont :

À savoir : Une porte coupe-feu sans ferme-porte fonctionnel n'est pas classée. La commission peut rejeter une porte pourtant labellisée EI si son dispositif de fermeture automatique est hors service.

6. Éclairage de sécurité défaillant

📋 Art. EC 1 — Arrêté du 25 juin 1980

Les Blocs Autonomes d'Éclairage de Sécurité (BAES) sont obligatoires dans tous les dégagements. Les exigences sont précises :

La non-conformité porte rarement sur l'absence totale de BAES, mais sur leur état : batteries déchargées, blocs défaillants non remplacés, absence de tests documentés dans le registre de sécurité. La commission consulte systématiquement le registre lors de la visite.

7. Résistance au feu des structures insuffisante

📋 Art. GN 10 — Arrêté du 25 juin 1980

Les structures porteuses doivent résister :

Cette non-conformité est particulièrement coûteuse à corriger a posteriori. Elle se rencontre souvent lors de la transformation d'entrepôts ou de bâtiments industriels en ERP, où la charpente métallique n'est pas protégée. L'application de peinture intumescente ou le flocage sont les solutions correctives courantes, mais leur coût peut être substantiel.

8. Matériaux de revêtement non classés

📋 Art. GN 4 — Arrêté du 25 juin 1980

La classification des matériaux selon leur réaction au feu est souvent négligée, notamment dans les rénovations légères :

Les matériaux non classés les plus fréquents : moquettes synthétiques en sous-sol, bardages en bois non traités, faux plafonds décoratifs en matières plastiques. La preuve de classement (PV d'essai ou certification) doit être fournie à la commission.

Astuce : Conserver systématiquement les PV d'essai des matériaux mis en œuvre. Sans justificatif, la commission peut exiger le remplacement des revêtements même s'ils sont conformes en réalité.

9. Absence d'espaces d'attente sécurisés (EAS)

📋 Art. CO 8 — Arrêté du 25 juin 1980

Les EAS sont obligatoires dans tout ERP accueillant des personnes en situation de handicap — ce qui couvre en pratique la quasi-totalité des ERP. Un EAS doit être aménagé à chaque niveau hors RDC, dans les escaliers protégés, et dimensionné pour accueillir au minimum 1 fauteuil roulant par escalier.

Cette exigence est souvent découverte tardivement, car elle est à l'intersection entre la réglementation incendie et l'accessibilité. Les architectes spécialisés dans l'accessibilité peuvent la connaître, mais les bureaux d'études techniques orientés fluides/structure peuvent la négliger.

10. Cloisonnement coupe-feu non respecté

📋 Art. GC 3 — Arrêté du 25 juin 1980

Le compartimentage coupe-feu vise à limiter la propagation du feu entre zones. Pour les ERP de catégories 1-2, chaque compartiment ne peut excéder 2 500 m². Les oublis récurrents concernent :

Les passages de câbles non rebouchés sont l'oubli le plus facile à corriger (produits coupe-feu homologués) mais aussi l'un des plus systématiquement relevé lors des visites inopinées.


Ce que ces 10 non-conformités ont en commun

Toutes ces non-conformités partagent un point : elles sont évitables avec une vérification préalable. La plupart surviennent non pas par méconnaissance totale des règles, mais par défaut de vérification croisée entre les lots (architecture, fluides, électricité, accessibilité) en phase d'études.

Le coût d'un avis défavorable en commission — délais, travaux en urgence, nouvelle visite — dépasse largement le coût d'une vérification de conformité en amont.

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